Le Royaume-Uni et l’Allemagne envisagent de commercialiser le calcul intensif quantique

Le Royaume-Uni et l’Allemagne prévoient d’intégrer leurs secteurs scientifiques pour accélérer la commercialisation de la technologie du calcul quantique.

Annoncés le dernier jour de la visite d’État du président allemand, ces engagements communs visent à combler l’écart entre la R&D et les applications d’entreprise dans les domaines de l’informatique, de la détection et du timing. Le partenariat implique un financement spécifique pour accélérer le développement de produits et établir des normes opérationnelles communes.

La technologie quantique est actuellement à l’horizon pour la plupart des feuilles de route, mais la modélisation économique suggère une contribution de 11 milliards de livres sterling au PIB du Royaume-Uni d’ici 2045, soutenant plus de 100 000 emplois.

Pour catalyser cela, un appel de financement conjoint de R&D de 6 millions de livres sterling sera lancé début 2026, avec Innovate UK et VDI contribuant chacun à hauteur de 3 millions de livres sterling. Ce capital vise à aider les entreprises à commercialiser de nouveaux produits plutôt que de financer des études purement universitaires.

La maturité de la chaîne d’approvisionnement reste un obstacle. Un investissement de 8 millions de livres sterling dans le Fraunhofer Centre for Applied Photonics à Glasgow répond à ce problème en renforçant le développement de la photonique appliquée ; un composant nécessaire pour la détection quantique commerciale.

Surmonter les obstacles au Royaume-Uni, en Allemagne et au-delà pour commercialiser le supercalcul quantique

La fragmentation de la réglementation retarde souvent l’adoption. Un nouveau protocole d’accord entre le Laboratoire national de physique (NPL) du Royaume-Uni et le Physikalisch-Technische Bundesanstalt (PTB) d’Allemagne vise à harmoniser les normes de mesure. Cet accord complète l’initiative NMI-Q, un effort mondial visant à développer des normes partagées.

Le ministre britannique des Sciences, Lord Vallance, a déclaré : « La technologie quantique va révolutionner des domaines tels que la cybersécurité, la découverte de médicaments, l’imagerie médicale et bien plus encore. La collaboration internationale est cruciale pour libérer ces avantages. »

Concrètement, ces avancées permettent aux sociétés pharmaceutiques d’identifier plus rapidement de nouveaux médicaments. De même, les capteurs de nouvelle génération promettent des scanners médicaux plus abordables, portables et précis que les itérations actuelles.

Le partenariat s’étend également au calcul haute performance (HPC). Le Centre national de calcul intensif du Royaume-Uni, situé à l’Université d’Édimbourg, a été sélectionné par l’entreprise commune EuroHPC pour héberger l’antenne AI Factory du Royaume-Uni, en partenariat avec l’usine HammerHAI AI de Stuttgart.

Pour soutenir l’intégration du HPC avant la commercialisation de la technologie de calcul quantique, le ministère de la Science, de l’Innovation et de la Technologie (DSIT) alloue jusqu’à 3,9 millions de livres sterling pour financer la participation du Royaume-Uni à trois appels ouverts EuroHPC. Ce financement aide les équipes à développer des logiciels exascale et prêts pour l’IA.

Dans le secteur aérospatial, les deux pays ont récemment engagé un financement commun de plus de 6 milliards d’euros en faveur de l’Agence spatiale européenne. Cela comprend 1 milliard d’euros pour les programmes de lancement et 10 millions d’euros pour Rocket Factory Augsburg, dont le lancement est prévu depuis l’Écosse en 2026.

Le président allemand Frank-Walter Steinmeier a conclu sa visite chez Siemens Healthineers à Oxford. Le site produit des aimants supraconducteurs pour les scanners IRM, un exemple existant de la manière dont les liens scientifiques bilatéraux soutiennent une fabrication hautement qualifiée et des résultats en matière de santé.

À mesure que cette coopération bilatérale s’approfondit, l’approche intégrée entre le Royaume-Uni et l’Allemagne en matière de supercalcul et d’infrastructure quantique vise à offrir aux entreprises une base solide pour faire évoluer les charges de travail hautes performances à travers l’Europe.

Solène Vernet
Solène Vernet
Journaliste française passionnée par la science et les politiques d’innovation, j’écris pour rendre accessibles des sujets complexes. Mon parcours mêle recherche universitaire, communication scientifique et journalisme. J’aime explorer les liens entre technologie, société et transformation du monde.