JPMorgan commence à suivre la manière dont ses employés utilisent l’IA au travail

La banque JPMorgan Chase demande à ses quelque 65 000 ingénieurs et technologues d’utiliser des outils d’IA dans le cadre de leur flux de travail régulier. Business Insider ont indiqué que les gestionnaires surveillent la fréquence à laquelle le personnel utilise ces outils. Cette utilisation peut également influencer les évaluations de performances.

Le rapport indique que les employés sont encouragés à utiliser des outils tels que ChatGPT et Claude Code lors de la rédaction de code, de la révision de documents ou de la gestion de tâches de routine. Les systèmes internes classent ensuite les travailleurs en fonction de leur niveau d’utilisation. Certains sont qualifiés d’« utilisateurs légers », tandis que d’autres entrent dans la catégorie des « gros utilisateurs ».

JPMorgan l’utilise pour la détection des fraudes et l’analyse des risques. Ce qui ressort ici, ce n’est pas la technologie elle-même, mais la façon dont elle est intégrée aux attentes quotidiennes du personnel.

Selon des documents internes cités par Business Insiderles managers sont très attentifs à la manière dont les employés utilisent les outils d’IA.

JPMorgan montre l’adoption de l’IA dans les banques

De nombreuses entreprises ont passé les deux dernières années à déployer des outils d’IA dans leurs départements. Dans la plupart des cas, l’adoption a été inégale. Certaines équipes expérimentent beaucoup, tandis que d’autres s’en tiennent aux flux de travail existants.

JPMorgan considère l’IA comme un élément standard de son travail. Cela crée un niveau d’adoption plus uniforme au sein des équipes. Dans le passé, les évaluations de performances se concentraient sur le résultat et la précision. Désormais, ils peuvent également inclure l’efficacité avec laquelle les employés utilisent les outils d’IA pour atteindre ces résultats.

Cela pose une question pratique pour les grandes organisations. Si l’IA peut réduire le temps nécessaire à l’exécution de certaines tâches, faut-il s’attendre à ce que les employés produisent plus de travail dans le même laps de temps ?

Suivre le rythme des changements internes

En suivant l’utilisation, la banque tente peut-être d’éviter un problème familier lors du déploiement de logiciels d’entreprise. Les outils sont déployés, mais leur adoption est lente, limitant leur impact. Intégrer l’IA aux évaluations de performances crée une incitation plus forte à s’engager dans la technologie. Cela suggère également que la maîtrise de l’IA devient une compétence de base, de la même manière que les feuilles de calcul ou les outils de codage sont devenus la norme au fil du temps.

Les nouveaux défis incluent les employés qui se sentent poussés à utiliser l’IA même dans les cas où elle n’améliore pas clairement les résultats. Il y a aussi la question de savoir comment mesurer le « bon » usage, par opposition à un simple usage fréquent.

Risques liés à l’IA et gains d’efficacité de JPMorgan

Les banques opèrent dans un environnement réglementé, où l’introduction de l’IA dans davantage de flux de travail augmente le besoin de surveillance.

Des outils comme ChatGPT et Claude Code peuvent aider à résumer des informations ou à générer des brouillons, mais ils peuvent également produire des résultats incorrects ou incomplets. Cela signifie que les employés doivent toujours vérifier les résultats avant de les utiliser dans la prise de décision ou dans le travail en contact avec les clients.

JPMorgan a développé des contrôles internes pour les systèmes d’IA dans des domaines tels que le trading et le risque. L’extension de l’utilisation à un groupe plus large d’employés peut nécessiter des garanties similaires, créant une situation pour la banque dans laquelle elle souhaite améliorer son efficacité, mais doit également garantir qu’une utilisation plus intensive de l’IA n’introduit pas de nouveaux risques.

D’autres institutions financières suivront probablement de près la situation. Si lier l’utilisation de l’IA à la performance conduit à des gains de productivité mesurables, des modèles similaires pourraient se répandre dans le secteur.

L’approche de la banque pourrait remodeler la manière dont les entreprises embauchent et forment leurs employés, et des compétences telles que la rédaction rapide et les contrôles de sortie pourraient faire partie des exigences professionnelles standard. L’approche de JPMorgan suggère que ce changement est déjà en cours, du moins dans le secteur bancaire.

(Photo par IKECHUKWU JULIUS UGWU)

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Solène Vernet
Solène Vernet
Journaliste française passionnée par la science et les politiques d’innovation, j’écris pour rendre accessibles des sujets complexes. Mon parcours mêle recherche universitaire, communication scientifique et journalisme. J’aime explorer les liens entre technologie, société et transformation du monde.