La standardisation des données de grille via SAP S/4HANA permet à E.ON de moderniser l’infrastructure et d’exécuter des déploiements d’IA.
Le géant des services publics gère les infrastructures dans trois domaines distincts : les réseaux énergétiques, les solutions clients et les solutions d’infrastructure énergétique. Le maintien des opérations dans ce domaine nécessite des dépenses d’investissement continues en matériel informatique et en maintenance logicielle.
Les dirigeants ont d’abord remis en question le bien-fondé des dépenses technologiques à grande échelle. L’équipe d’ingénierie a prouvé qu’un investissement financier persistant garantit la stabilité, l’abordabilité et la résilience du système au sein d’un réseau énergétique numérisé.
E.ON donne la priorité à la croissance, à la durabilité et à la numérisation comme principaux objectifs de l’entreprise. Le retard dans les capacités techniques entraîne des coûts financiers à long terme.
La standardisation de l’infrastructure améliore la disponibilité
E.ON exécute une migration ERP cloud parallèlement à sa mise en œuvre SAP S/4HANA. Les anciens systèmes ERP du secteur des services publics souffrent souvent d’une personnalisation extrême. Le service d’ingénierie rejette les builds personnalisés fragmentés pour éviter cette dette technique. Les développeurs intègrent des progiciels établis directement dans une architecture cohérente. Cette méthodologie de conception garantit l’évolutivité des données dans toute l’entreprise.
L’accent mis sur l’infrastructure fondamentale donne des résultats de production très visibles. E.ON rapporte une réduction de 77 % des temps d’arrêt informatique sur une période de cinq ans. Pour atteindre ces indicateurs de disponibilité, il faut standardiser les tableaux de données et supprimer les middlewares redondants de la pile technologique.
SAP S/4HANA utilise une architecture de base de données en mémoire. Ce choix de conception accélère les temps de traitement des requêtes par rapport aux bases de données relationnelles existantes. Le fournisseur de services publics exploite cette vitesse pour traiter le streaming de données de télémétrie à partir des actifs du réseau en temps réel. Un traitement rapide des données constitue une condition préalable au déploiement de tout modèle d’apprentissage automatique sur des données opérationnelles.
Les leaders technologiques sont confrontés à une pression intense pour suivre le rythme du développement de logiciels externes. Sebastian Weber, CIO d’E.ON, note que cette pression crée des tensions. Les logiciels grand public définissent les attentes en matière de déploiement d’applications d’entreprise. Weber constate que les applications d’IA grand public telles que ChatGPT résolvent efficacement les problèmes domestiques, créant ainsi des demandes internes pour une automatisation similaire du lieu de travail. L’entreprise énergétique doit combler l’écart entre les capacités logicielles externes et la préparation interne.
Internalisation des opérations de données et de cybersécurité
E.ON considère la préparation interne comme un objectif commercial principal. L’entreprise a élargi ses équipes d’ingénierie internes de manière agressive et a embauché plus de 1 000 spécialistes pour apporter des capacités techniques en interne. La campagne de recrutement a permis de recruter plus de 500 experts en données et 300 professionnels de la cybersécurité.
L’intégration de l’ingénierie des données en interne permet au fournisseur de services publics de créer des lacs de données propriétaires et d’auditer la gouvernance des données en interne. La rétention des talents internes en cybersécurité garantit que l’entreprise maintient des contrôles d’accès stricts sur les systèmes technologiques opérationnels gérant le réseau énergétique physique. L’ingénierie constitue désormais le principal véhicule permettant d’atteindre les objectifs commerciaux dans le secteur européen de l’énergie verte.
Bien entendu, la gestion des écosystèmes numériques à un tel volume nécessite une surveillance stricte. L’équipe technique établit des structures de gouvernance centralisées dans toutes les unités commerciales. Les administrateurs déploient des cadres contractuels standardisés et des consoles de gestion de système informatique unifiées.
La mise en place d’une telle architecture administrative applique les normes de sécurité et la discipline des coûts sans restreindre le développement de fonctionnalités. La normalisation des contrats avec les fournisseurs accélère les délais d’approvisionnement en logiciels tout en limitant les coûts de licences incontrôlables.
Déprécier les pôles d’innovation isolés
Les entreprises isolent souvent les technologies expérimentales dans des unités commerciales distinctes. E.ON a complètement abandonné cette méthodologie et a déprécié les garages expérimentaux et les laboratoires numériques isolés. La direction intègre les outils numériques directement dans les processus métier actifs.
Maintenir les équipes d’innovation séparées des environnements de production empêche souvent les applications de survivre à la transition vers des serveurs actifs. En obligeant les développeurs à construire au sein de l’architecture de base, le service d’ingénierie garantit la viabilité de la production.
« La mise à niveau du système nécessite une préparation interne », a expliqué Weber. « Cela signifie que nous devons réfléchir profondément aux investissements, à la priorisation et, surtout, aux personnes et à la culture. »
Weber s’attend à ce que la vitesse opérationnelle reste élevée, notant que l’entreprise ne reviendra pas aux vitesses de livraison précédentes. Les déploiements de nouveaux logiciels nécessitent un alignement précis avec les exigences de l’entreprise.
E.ON applique un modèle opérationnel « BizDevOps ». Ce cadre oblige les développeurs à créer des fonctionnalités qui génèrent une valeur commerciale exacte. Les ingénieurs collaborent directement avec les analystes métier pendant la phase d’architecture initiale.
Cette méthodologie est couplée à une formation ciblée des collaborateurs. Les ouvriers et les managers reçoivent des instructions spécifiques sur l’utilisation des outils nouvellement déployés. Ce renforcement des capacités garantit que le personnel peut extraire une valeur vérifiable de l’infrastructure modernisée.
E.ON adopte une approche pragmatique de l’IA
E.ON gère ses déploiements d’IA avec une prudence délibérée et refuse de créer des plateformes d’IA propriétaires à partir de zéro. Au lieu de cela, les dirigeants préfèrent tirer parti des partenariats avec des fournisseurs de technologies établis. Cette stratégie d’approvisionnement maintient la flexibilité dans l’ensemble du portefeuille de logiciels d’entreprise.
Les ingénieurs explorent des cas d’utilisation spécifiques et limités pour les applications d’apprentissage automatique. La feuille de route technique vise l’automatisation du service client, la maintenance prédictive et l’optimisation opérationnelle.
L’application d’algorithmes de maintenance prédictive aux réseaux énergétiques évite les pannes matérielles catastrophiques. Les capteurs détectent les anomalies de tension et transmettent les données à l’instance centrale S/4HANA. Les modèles d’apprentissage automatique analysent cette télémétrie pour identifier les modèles d’usure sur l’infrastructure physique. Les équipes de maintenance reçoivent des ordres de répartition automatisés avant que l’équipement ne tombe en panne. Cette stratégie d’atténuation active réduit les coûts de réparation d’urgence et évite les pannes de courant localisées.
Tester ces applications via des fournisseurs tiers empêche l’entreprise de consacrer trop de capitaux à des frameworks non éprouvés. E.ON intègre ces fonctionnalités d’automatisation directement dans les systèmes de base plutôt que de les traiter comme des modules complémentaires facultatifs. La technologie dessert une clientèle de 47 millions d’utilisateurs. Le traitement des demandes des utilisateurs via des flux de travail automatisés du service client réduit la charge du centre d’appels et accélère la résolution des incidents.
« Essentiellement, notre expérience met en évidence une vérité plus large sur la transformation numérique », a noté Weber. Il a expliqué que la mise en production de nouveaux logiciels ne peut pas compromettre la stabilité du système, la cybersécurité ou les cadres de gouvernance.
Sans une adéquation avec les exigences de l’entreprise, les technologies avancées ne parviennent pas à générer de la valeur. L’architecture modernisée fournit à E.ON la base nécessaire pour faire évoluer de manière fiable l’infrastructure d’énergie verte.