Ronnie Sheth, PDG du groupe SENEN : Pourquoi le moment est-il venu pour l’IA d’entreprise de « devenir pratique »

Avant de vous lancer dans votre voyage vers l’IA, vérifiez toujours l’état de vos données, car s’il y a une chose susceptible de couler votre navire, c’est bien la qualité des données.

Gartner estime que la mauvaise qualité des données coûte aux organisations en moyenne 12,9 millions de dollars chaque année en ressources gaspillées et en opportunités perdues. C’est la mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle est que les organisations comprennent de plus en plus l’importance de la qualité de leurs données et sont moins susceptibles de tomber dans ce piège.

C’est le point de vue de Ronnie Sheth, PDG de la société de stratégie, d’exécution et de gouvernance d’IA SENEN Group. L’entreprise se concentre sur le conseil, l’opérationnalisation et l’alphabétisation en matière de données et d’IA, et Sheth note qu’elle travaille dans le domaine des données et de l’IA « depuis qu’elle est une petite entreprise », de sorte qu’il y a beaucoup d’expérience du monde réel derrière ce point de vue. Il y a aussi beaucoup de succès ; Sheth note que son entreprise a un taux de répétition des clients de 99,99 %.

« Si je devais être très pratique, la seule chose que j’ai remarquée, c’est que les entreprises se lancent dans l’adoption de l’IA avant d’être prêtes », explique Sheth. Les entreprises, note-t-elle, auront une direction exécutive insistant pour qu’elles adoptent l’IA, mais sans plan ni feuille de route pour l’accompagner. Le résultat peut être un nombre impressionnant d’utilisateurs, mais sans résultat mesurable pour étayer quoi que ce soit.

Pas plus tard qu’en 2024, Sheth a constaté que de nombreuses organisations étaient en difficulté parce que leurs données n’étaient « nulle part là où elles auraient besoin d’être ». « Même pas proche », ajoute-t-elle. Aujourd’hui, la conversation est devenue plus pratique et stratégique. Les entreprises s’en rendent compte et s’adressent au Groupe SENEN dans un premier temps pour obtenir de l’aide concernant leurs données, plutôt que de vouloir adopter l’IA immédiatement.

« Lorsque des entreprises comme celle-là nous contactent, la première chose à faire est de réellement réparer leurs données », explique Sheth. « La prochaine étape consiste à s’attaquer à leur modèle d’IA. Ils construisent une base solide pour toute initiative d’IA qui suivra.

« Une fois qu’ils ont corrigé leurs données, ils peuvent créer autant de modèles d’IA qu’ils le souhaitent, et ils peuvent avoir autant de solutions d’IA qu’ils le souhaitent, et ils obtiendront des résultats précis car ils disposent désormais d’une base solide », ajoute Sheth.

Grâce à son expertise étendue et approfondie, le groupe SENEN permet aux organisations de redresser la barre. Sheth note l’exemple d’un client qui s’est adressé à lui pour souhaiter une initiative de gouvernance des données. En fin de compte, c’était la stratégie en matière de données qui était nécessaire – le pourquoi et le comment, les résultats de ce qu’ils essayaient de faire avec leurs données – avant d’ajouter la gouvernance et de fournir une feuille de route pour un modèle opérationnel. « Ils sont passés des données brutes à l’analyse descriptive, puis à l’analyse prédictive, et nous sommes désormais en train de mettre en place une stratégie d’IA pour eux », explique Sheth.

C’est cette attitude et cette exigence d’initiatives pratiques qui seront la pierre angulaire de la discussion de Sheth à l’AI & Big Data Expo Global à Londres cette semaine. « Il est maintenant temps de se mettre en pratique avec l’IA, en particulier l’adoption de l’IA en entreprise, et de ne pas penser à « écoutez, nous allons innover, nous allons réaliser des projets pilotes, nous allons expérimenter » », déclare Sheth. « Ce n’est pas le moment de faire cela. Le moment est venu de passer à la pratique, de valoriser l’IA. C’est l’année pour le faire dans l’entreprise. »

Regardez la conversation vidéo complète avec Ronnie Sheth ci-dessous :

Solène Vernet
Solène Vernet
Journaliste française passionnée par la science et les politiques d’innovation, j’écris pour rendre accessibles des sujets complexes. Mon parcours mêle recherche universitaire, communication scientifique et journalisme. J’aime explorer les liens entre technologie, société et transformation du monde.